Situé au cœur d’Isoraka, à deux pas du palais d’Ambohitsorohitra, Fika est un micro-café de 45 couverts qui ressemble plus à un salon de thé nordique qu’à un bar malgache classique. Dès la porte, l’odeur du café fraîchement moulu vous happ : le torréfacteur Diedrich IR-5 tourne tous les matins à 8 h précises, projetant des gerbes de grains dorés dans le ciel de la boutique. L’intérieur mêle le bois clair du nord de l’Europe et les tissus lamba malgaches : chaque chaise est recouverte d’une pièce unique achetée aux tisseuses d’Antsirabe. L’éclairage est tamisé, les prises électriques sont à chaque table et le wifi est si rapide que les freelances y installent leur QG.
Le comptoir affiche les « lots du mois » sur de petites ardoises : un fully-washed d’Ankazobe en janvier, un honey-process d’Ampefy en février… Le barista vous explique la ferme, l’altitude, le procédé, puis vous sert l’espresso dans une tasse en terre vernissée façonnée par le centre artisanal de Ampefy. À côté, la pastry chef sort du four des kanelbullar à la cannelle de Mananara et du cardamom de Nosy Be.
Le soir, la lumière devient orangée, les bougies s’allument et le café se transforme : les laptops se ferment, les vinyles rejoignent la platine, le premier accord de guitare résonne. Le samedi, un brunch végétarien est servi sur de grands plateaux en rotin : avocats d’Itasy, pain au levain, yaourt maison et confiture de litchi. Le dimanche, c’est le marché des producteurs : on vient chercher ses œufs bio, son miel d’eucalyptus et, pourquoi pas, un sac de grains « Fika » à torréfier chez soi.



